Le déroulé écrit
Le compte qu'on refuse d'effacer : le déroulé écrit
Un compte qu'on refuse d'effacer n'est pas un problème technique. L'effacement est une obligation qui pèse sur eux, la démarche ne coûte rien, ils ont un mois pour t'informer des mesures prises, et c'est à eux de prouver que ta demande est abusive.
État du droit vérifié le29 juillet 2026
Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l'imprimer, et pour que le contenu reste entier sans JavaScript.
Pièce n° 1 · Le seul bouton disponible
Six ans de comptes ouverts sur un réseau de partage de photos, 412 photos en ligne, et l'envie d'en sortir pour de bon. Tu vis en Belgique. Le service, lui, est établi dans un autre pays de l'Union.
Dans les réglages, tu cherches « supprimer mon compte ». Il n'y a pas de « supprimer mon compte ». Il y a « désactiver mon compte », et une phrase en gris clair sous le bouton.
- Compte ouvert depuis
- six ans
- Photos en ligne
- 412
- Option proposée
- Désactiver mon compte
- Option de suppression
- introuvable
- Phrase en gris clair
- La désactivation masque votre profil. Vos contenus sont conservés.
- Article cité par le service
- aucun
Tu veux que ces données disparaissent, pas qu'elles dorment. Tu fais quoi ?
Réponse juste · J'écris au service une demande d'effacement, et je nomme le motif que j'invoque.
L'effacement n'est pas une option du menu, c'est une obligation qui pèse sur eux Le texte est écrit dans les deux sens dans la même phrase : tu as le DROIT d'obtenir l'effacement, et le responsable du traitement a l'OBLIGATION d'effacer, dans les meilleurs délais. Il suffit que l'un des motifs de la liste s'applique, et les deux premiers sont d'une banalité désarmante : les données ne sont plus nécessaires au regard des finalités, ou tu retires le consentement sur lequel le traitement était fondé. Ce qui déclenche le droit, ce n'est pas un bouton : c'est ta demande.
« 1. La personne concernée a le droit d'obtenir du responsable du traitement l'effacement, dans les meilleurs délais, de données à caractère personnel la concernant et le responsable du traitement a l'obligation d'effacer ces données à caractère personnel dans les meilleurs délais, lorsque l'un des motifs suivants s'applique: a) les données à caractère personnel ne sont plus nécessaires au regard des finalités pour lesquelles elles ont été collectées ou traitées d'une autre manière; b) la personne concernée retire le consentement sur lequel est fondé le traitement […] et il n'existe pas d'autre fondement juridique au traitement; […] d) les données à caractère personnel ont fait l'objet d'un traitement illicite; »
Traduit en clair : ce n'est pas à toi de trouver le bon bouton, c'est à eux d'effacer quand tu le demandes. « L'obligation d'effacer » est le mot du texte, pas une interprétation généreuse.
Article 17, paragraphe 1 · Règlement (UE) 2016/679, article 17 (Droit à l'effacement, « droit à l'oubli »), paragraphe 1 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Je clique sur « Désactiver » : le profil disparaît, donc les données aussi.
Le mythe le mieux installé des réglages : « désactiver, c'est supprimer » La phrase en gris clair sous le bouton disait la vérité : la désactivation masque le profil, elle conserve les contenus. Le règlement, lui, ne connaît pas la désactivation. Il connaît un verbe, effacer, et il en fait une obligation à la charge du responsable du traitement. Un profil masqué reste un profil dont les données sont conservées.
« La personne concernée a le droit d'obtenir du responsable du traitement l'effacement, dans les meilleurs délais, de données à caractère personnel la concernant et le responsable du traitement a l'obligation d'effacer ces données à caractère personnel dans les meilleurs délais, lorsque l'un des motifs suivants s'applique »
Traduit en clair : le texte dit « effacer », pas « masquer ». Tant que les données sont conservées, l'obligation n'est pas remplie, quel que soit l'état affiché de ton profil.
Article 17, paragraphe 1 · Règlement (UE) 2016/679, article 17 (Droit à l'effacement, « droit à l'oubli »), paragraphe 1 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Un effacement, ça s'obtient avec un motif sérieux. Je n'ai rien de grave à invoquer.
Le mythe : « il faut une bonne raison » La page officielle de l'Union résume la condition en une ligne, et elle ne demande aucune gravité : des données qui ne sont plus nécessaires suffisent. Le règlement dit la même chose et nomme un second motif tout aussi ordinaire, le retrait du consentement sur lequel le traitement était fondé. Ce qu'on attend de toi, ce n'est pas de te justifier : c'est de désigner le motif que tu invoques.
« Si vos données à caractère personnel ne sont plus nécessaires ou si elles sont utilisées de manière illégale, vous pouvez demander à ce qu'elles soient supprimées. C'est ce que l'on appelle le «droit à l'oubli». »
Traduit en clair : « ne sont plus nécessaires » est un motif à part entière. Tu n'as pas à raconter ta vie pour obtenir un effacement.
Rubrique « Suppression de vos données à caractère personnel » · Protection des données : suppression de vos données à caractère personnel (droit à l'oubli) · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/internet-telecoms/data-protection-online-privacy/index_fr.htmPièce n° 2 · Prouve d'abord que tu es toi
Quatre jours plus tard, une réponse arrive. Elle ne dit pas non. Elle demande des pièces.
Le message est signé « équipe conformité ». Il détaille une procédure et ne cite aucun article.
Une carte d'identité, un selfie, un relevé bancaire et 15 €. Tu fais quoi ?
Réponse juste · Je réponds depuis l'adresse du compte, je leur demande quel doute ils ont sur mon identité, et je m'en tiens au nécessaire.
Ils peuvent vérifier ton identité, mais le texte pose deux bornes Le règlement autorise bien une vérification, et il l'encadre par deux mots que personne ne lit. Il faut des doutes RAISONNABLES quant à ton identité, et les informations demandées doivent être NÉCESSAIRES pour la confirmer. La condition est la leur à remplir, pas la tienne. Et « nécessaires pour confirmer l'identité » est une mesure, pas une liste de pièces : rien n'empêche de leur demander en quoi chaque document y répond.
« 6. Sans préjudice de l'article 11, lorsque le responsable du traitement a des doutes raisonnables quant à l'identité de la personne physique présentant la demande visée aux articles 15 à 21, il peut demander que lui soient fournies des informations supplémentaires nécessaires pour confirmer l'identité de la personne concernée. »
Traduit en clair : une vérification d'identité oui, un dossier complet non. Demande-leur quel doute ils ont, fournis ce qui lève ce doute, et rien de plus.
Article 12, paragraphe 6 · Règlement (UE) 2016/679, article 12 (Modalités de l'exercice des droits), paragraphe 6 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Je paie les 15 € : c'est le prix de la tranquillité.
Le mythe : « un effacement, ça se paie » La première phrase du paragraphe ne laisse aucune marge : aucun paiement n'est exigé. Le texte prévoit une exception, et elle est étroite : des demandes manifestement infondées ou excessives, notamment en raison de leur caractère répétitif. Puis il ajoute la phrase qui renverse la table : il incombe au responsable du traitement de DÉMONTRER ce caractère. Ce n'est donc pas à toi de prouver que ta demande est légitime.
« 5. Aucun paiement n'est exigé pour fournir les informations au titre des articles 13 et 14 et pour procéder à toute communication et prendre toute mesure au titre des articles 15 à 22 et de l'article 34. Lorsque les demandes d'une personne concernée sont manifestement infondées ou excessives, notamment en raison de leur caractère répétitif, le responsable du traitement peut: a) exiger le paiement de frais raisonnables qui tiennent compte des coûts administratifs supportés pour fournir les informations, procéder aux communications ou prendre les mesures demandées; ou b) refuser de donner suite à ces demandes. Il incombe au responsable du traitement de démontrer le caractère manifestement infondé ou excessif de la demande. »
Traduit en clair : la démarche ne coûte rien. Ils ne peuvent facturer ou refuser que dans un seul cas, et c'est à eux d'établir qu'on y est.
Article 12, paragraphe 5 · Règlement (UE) 2016/679, article 12 (Modalités de l'exercice des droits), paragraphe 5 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Sans effet · Je réponds « SUPPRIMEZ TOUT » en majuscules, avec onze points d'exclamation.
Le règlement ne prévoit pas de bonus pour l'emphase, et autre chose était gratuit Aucun article ne récompense le ton. En revanche, il en existe un que presque personne n'utilise AVANT de demander un effacement : le droit d'accès. Tu peux réclamer la copie de tout ce qu'ils détiennent sur toi, gratuitement, dans un format accessible, avec une réponse due dans le mois. C'est la pièce qui rend une réclamation ultérieure difficile à contester, et elle se demande dans la même phrase que l'effacement.
« Vous pouvez demander d'accéder aux données à caractère personnel qu'une entreprise ou organisation possède vous concernant, et vous avez le droit d'obtenir gratuitement une copie de ces données, dans un format accessible. L'entreprise ou organisation concernée doit vous répondre dans un délai d'un mois et vous fournir une copie de vos données à caractère personnel et toutes les informations utiles relatives à la façon dont ces données ont été, ou sont, utilisées. »
Traduit en clair : demande la copie avant l'effacement. Elle est gratuite, elle est due dans le mois, et c'est la seule façon de savoir ce qu'ils avaient.
Rubrique « Accès à vos données à caractère personnel » · Protection des données : accès à vos données à caractère personnel · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/internet-telecoms/data-protection-online-privacy/index_fr.htmPièce n° 3 · Trente-huit jours de silence
Tu as fourni ce qui était nécessaire à ton identification, et rien d'autre. Depuis, plus un mot : ni effacement confirmé, ni refus, ni prolongation annoncée.
Tu ouvres la note de dossier et tu comptes les jours.
Demande d'effacement reçue par le service : jour zéro, accusé de réception automatique à l'appui.
Jours écoulés depuis la réception : 38. Informations sur les mesures prises : aucune.
Prolongation annoncée : aucune. Motifs d'un report : aucun.
Trente-huit jours sans un mot. Qu'est-ce que ça change ?
Réponse juste · Le délai est dépassé : je le leur écris, et j'annonce la suite.
Un mois, et une seule prolongation possible, sous conditions Le règlement fait courir le compte à rebours dès la RÉCEPTION de ta demande : les informations sur les mesures prises sont dues dans les meilleurs délais, et en tout état de cause dans un délai d'un mois. La prolongation existe, mais elle est bordée de trois côtés : deux mois de plus au maximum, compte tenu de la complexité et du nombre de demandes, et annoncés AVEC LEURS MOTIFS dans le premier mois. Une prolongation qui ne t'a pas été annoncée n'existe pas.
« 3. Le responsable du traitement fournit à la personne concernée des informations sur les mesures prises à la suite d'une demande formulée en application des articles 15 à 22, dans les meilleurs délais et en tout état de cause dans un délai d'un mois à compter de la réception de la demande. Au besoin, ce délai peut être prolongé de deux mois, compte tenu de la complexité et du nombre de demandes. Le responsable du traitement informe la personne concernée de cette prolongation et des motifs du report dans un délai d'un mois à compter de la réception de la demande. »
Traduit en clair : un mois pour te répondre. Ils peuvent prendre deux mois de plus, mais seulement s'ils t'ont prévenu, en disant pourquoi, avant la fin du premier mois.
Article 12, paragraphe 3 · Règlement (UE) 2016/679, article 12 (Modalités de l'exercice des droits), paragraphe 3 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Le règlement ne fixe pas de délai précis : ils répondront quand ils pourront.
Le mythe : « le règlement ne donne pas de délai » Il en donne un, et il le donne pour TOUTES les demandes de la série, de l'accès à l'opposition : un mois à compter de la réception. La formule « dans les meilleurs délais » ne remplace pas ce mois, elle s'y ajoute. Ce qui rend ce délai utilisable, c'est qu'il se compte depuis une date que tu connais : celle de leur accusé de réception.
« Le responsable du traitement fournit à la personne concernée des informations sur les mesures prises à la suite d'une demande formulée en application des articles 15 à 22, dans les meilleurs délais et en tout état de cause dans un délai d'un mois à compter de la réception de la demande. »
Traduit en clair : le délai existe, il est d'un mois, et il court depuis leur réception, pas depuis leur bonne volonté.
Article 12, paragraphe 3 · Règlement (UE) 2016/679, article 12 (Modalités de l'exercice des droits), paragraphe 3 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Leur silence vaut refus, et un refus, ça ne se discute pas.
Le mythe : « pas de réponse, donc dossier clos » Le règlement traite l'inaction pour ce qu'elle est, et il l'encadre trois fois. S'ils ne donnent pas suite, ils doivent t'informer des MOTIFS de leur inaction, au plus tard dans un délai d'un mois, ET t'indiquer deux portes : la réclamation auprès d'une autorité de contrôle et le recours juridictionnel. Un silence ne donne aucun motif, ne tient aucun délai et n'indique aucune porte : il ne remplit aucune des trois.
« 4. Si le responsable du traitement ne donne pas suite à la demande formulée par la personne concernée, il informe celle-ci sans tarder et au plus tard dans un délai d'un mois à compter de la réception de la demande des motifs de son inaction et de la possibilité d'introduire une réclamation auprès d'une autorité de contrôle et de former un recours juridictionnel. »
Traduit en clair : un refus se motive, et il doit lui-même te dire où aller ensuite. Le texte t'offre la marche suivante dans la phrase qui te refuse.
Article 12, paragraphe 4 · Règlement (UE) 2016/679, article 12 (Modalités de l'exercice des droits), paragraphe 4 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Pièce n° 4 · Effacé chez eux, ailleurs toujours là
Le compte est enfin supprimé. Le message qui l'annonce ajoute deux phrases qui méritent une lecture lente.
Le soir, tu cherches ton nom dans un moteur de recherche. Trois de tes anciennes photos s'affichent encore, hébergées ailleurs.
Ils ont effacé chez eux et renvoient la balle pour le reste. Que peux-tu exiger ?
Réponse juste · Je demande la liste des destinataires, et je leur rappelle qu'ils doivent leur notifier l'effacement.
L'effacement ne s'arrête pas à leurs serveurs Un article entier, court et ignoré, règle exactement ce cas. Le responsable du traitement NOTIFIE l'effacement à chaque destinataire auquel les données ont été communiquées, sauf si cette communication se révèle impossible ou exige des efforts disproportionnés. Et il te fournit des informations sur ces destinataires si tu en fais la demande. « Nous n'avons aucun moyen d'agir » ne figure pas dans le texte : ce qui y figure, c'est une obligation de notifier, et une obligation de te dire à qui.
« Le responsable du traitement notifie à chaque destinataire auquel les données à caractère personnel ont été communiquées toute rectification ou tout effacement de données à caractère personnel ou toute limitation du traitement effectué conformément à l'article 16, à l'article 17, paragraphe 1, et à l'article 18, à moins qu'une telle communication se révèle impossible ou exige des efforts disproportionnés. Le responsable du traitement fournit à la personne concernée des informations sur ces destinataires si celle-ci en fait la demande. »
Traduit en clair : ils doivent prévenir tous ceux à qui ils ont donné tes données, et te dire qui ils sont si tu le demandes. Demande les deux dans la même phrase.
Article 19 en entier · Règlement (UE) 2016/679, article 19 (Obligation de notification en ce qui concerne l'effacement) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Une fois les données parties chez des tiers, c'est perdu : personne ne peut les rattraper.
Le mythe : « parti chez un tiers, donc hors de portée » La page officielle de l'Union dit l'inverse en une phrase, et elle vise nommément les autres sites avec lesquels les données ont été partagées : c'est à l'entreprise de les informer. La même page rappelle au passage que ces règles s'appliquent aussi aux moteurs de recherche, considérés eux aussi comme des responsables du traitement. Le partage ne crée pas une zone hors du droit : il crée une liste de gens à prévenir.
« Ces règles s'appliquent également aux moteurs de recherche […] qui sont également considérés comme des responsables du traitement. […] Si une entreprise a mis en ligne vos données à caractère personnel et que vous lui demandez la suppression de ces données et des liens vers celles-ci, l'entreprise doit également en informer tous les autres sites web avec lesquels elles ont été partagées. »
Traduit en clair : c'est à l'entreprise d'informer les autres sites, pas à toi de les retrouver un par un.
Rubrique « Suppression de vos données à caractère personnel » · Protection des données : les autres sites avec lesquels les données ont été partagées · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/internet-telecoms/data-protection-online-privacy/index_fr.htmMythe · Un effacement efface tout, sans exception. Leurs 10 ans de facturation tombent aussi.
Le mythe : « le droit à l'oubli efface tout » L'article qui crée le droit lui pose lui-même des limites, dans son paragraphe 3, et elles sont nommées : l'exercice du droit à la liberté d'expression et d'information, le respect d'une obligation légale qui requiert le traitement, la constatation ou la défense de droits en justice. Ce que ton pays impose de conserver ne relève pas du même régime que ton profil, et ce site ne traite jamais le droit national. Connaître la limite d'un droit, c'est ce qui rend crédible tout le reste de la demande.
« 3. Les paragraphes 1 et 2 ne s'appliquent pas dans la mesure où ce traitement est nécessaire: a) à l'exercice du droit à la liberté d'expression et d'information; b) pour respecter une obligation légale qui requiert le traitement prévue par le droit de l'Union ou par le droit de l'État membre auquel le responsable du traitement est soumis […] e) à la constatation, à l'exercice ou à la défense de droits en justice. »
Traduit en clair : l'effacement s'arrête là où une autre règle impose de garder. Demande l'effacement de ce qui peut l'être, et le dossier tient debout.
Article 17, paragraphe 3 · Règlement (UE) 2016/679, article 17 (Droit à l'effacement), paragraphe 3 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Pièce n° 5 · Dossier clos, de leur côté
Dernier message. Il est plus court que les autres, et il ferme la porte en te montrant une carte.
Ils te renvoient vers un tribunal étranger. C'est vraiment la seule porte ?
Réponse juste · Je dépose une réclamation auprès de l'autorité de protection des données de mon propre pays.
La réclamation se dépose là où tu vis, pas là où ils sont L'article nomme trois lieux au choix, et le premier est ta résidence habituelle. Les deux autres sont ton lieu de travail et le lieu où la violation aurait été commise. Rien ne t'envoie au siège social de l'entreprise. Et l'autorité saisie te doit ensuite l'état d'avancement et l'issue de ta réclamation, y compris la possibilité d'un recours juridictionnel.
« 1. Sans préjudice de tout autre recours administratif ou juridictionnel, toute personne concernée a le droit d'introduire une réclamation auprès d'une autorité de contrôle, en particulier dans l'État membre dans lequel se trouve sa résidence habituelle, son lieu de travail ou le lieu où la violation aurait été commise, si elle considère que le traitement de données à caractère personnel la concernant constitue une violation du présent règlement. 2. L'autorité de contrôle auprès de laquelle la réclamation a été introduite informe l'auteur de la réclamation de l'état d'avancement et de l'issue de la réclamation, y compris de la possibilité d'un recours juridictionnel en vertu de l'article 78. »
Traduit en clair : tu portes réclamation chez toi, auprès de l'autorité de ton propre pays. Le siège de l'entreprise ne décide pas de ta géographie.
Article 77, paragraphes 1 et 2 · Règlement (UE) 2016/679, article 77 (Droit d'introduire une réclamation auprès d'une autorité de contrôle) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Ils écrivent que ma demande est excessive. C'est donc à moi de prouver le contraire.
Le mythe : « c'est écrit dans leur lettre, donc c'est établi » Le paragraphe qui autorise un refus se termine par une phrase que les refus ne citent jamais : il incombe au responsable du traitement de démontrer le caractère manifestement infondé ou excessif de la demande. Écrire le mot « excessif » n'est pas le démontrer. Et le texte dit « manifestement » : c'est à eux d'établir qu'on y est, demande par demande.
« Lorsque les demandes d'une personne concernée sont manifestement infondées ou excessives, notamment en raison de leur caractère répétitif, le responsable du traitement peut: a) exiger le paiement de frais raisonnables […] ou b) refuser de donner suite à ces demandes. Il incombe au responsable du traitement de démontrer le caractère manifestement infondé ou excessif de la demande. »
Traduit en clair : la preuve est de leur côté, pas du tien. Tu n'as pas à te justifier d'avoir relancé.
Article 12, paragraphe 5 · Règlement (UE) 2016/679, article 12 (Modalités de l'exercice des droits), paragraphe 5 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32016R0679Mythe · Un refus écrit, ça ne se combat qu'au tribunal, et je n'irai pas au tribunal.
Le mythe : « après leur refus, il n'y a que la justice » La page officielle de l'Union met les deux voies côte à côte. Elle présente la réclamation auprès de l'autorité nationale de protection des données comme une voie DIRECTE, avec un examen et une réponse dans un délai de trois mois, et elle écrit que le tribunal reste ouvert sans être obligé de passer d'abord par cette autorité. Autrement dit : deux portes, et tu n'es tenu d'en prendre aucune en premier. La même page ajoute qu'un préjudice matériel ou moral pourrait ouvrir droit à une indemnisation.
« Si vous estimez que vos droits en matière de protection des données n'ont pas été respectés, vous pouvez déposer plainte directement auprès de votre autorité nationale chargée de la protection des données, qui examinera votre plainte et vous répondra dans un délai de trois mois. Vous pouvez aussi choisir de poursuivre directement en justice l'entreprise ou organisation concernée sans passer préalablement par votre autorité nationale chargée de la protection des données. Vous pourriez avoir droit à une indemnisation si vous avez subi un préjudice matériel (comme une perte financière) ou moral (comme une souffrance psychologique) parce qu'une entreprise ou organisation n'a pas respecté les règles de l'UE en matière de protection des données. »
Traduit en clair : tu as deux portes, et tu choisis laquelle. L'autorité de ton pays répond dans les trois mois ; le tribunal reste ouvert avec ou sans elle.
Rubrique « Déposer plainte » · Protection des données : déposer plainte · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/internet-telecoms/data-protection-online-privacy/index_fr.htmVerdict · Ce que valait un bouton qui n'existait pas
Un réglage sans option d'effacement, une pièce d'identité de trop, trente-huit jours de silence, sept destinataires jamais annoncés, et huit droits que le formulaire de contact ne mentionnait nulle part.
Dossier EU 2016/679
Les pièces de ce dossier
Chaque pièce a sa page. La situation se joue ici ; ce qu'on garde, ce qu'on envoie et ce qu'on relit vivent à côté.