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De plein droitLes droits européens, en situation
Association ODERSA · programme Prendre partSite éducatif indépendant. Pas un site officiel de l'Union européenne.

Le déroulé écrit

Le blocage géographique à l'achat : le déroulé écrit

Le même casque, 154 € sur la version belge de la boutique, 189 € sur la tienne, et un site qui te renvoie de force « chez toi ». Le règlement interdit la redirection muette, aligne les conditions de vente, et ta carte bancaire n'a pas de mauvaise nationalité.

État du droit vérifié le29 juillet 2026

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l'imprimer, et pour que le contenu reste entier sans JavaScript.

Pièce n° 1 · L'adresse que tu n'as pas tapée

Tu vis en France. Un comparatif l'a montré : le casque que tu veux coûte 154 € sur la version belge d'une boutique d'électronique en ligne, et 189 € sur la version française du même site.

Tu tapes l'adresse en .be. La page charge, puis saute.

Boutique en ligneBarre d'adresse
Adresse tapée
la boutique, version .be
Adresse affichée
la boutique, version .fr
Message
Nous vous avons redirigé vers votre boutique locale.
Prix du casque sur cette version
189 € au lieu de 154 €
Ton accord pour cette redirection
jamais demandé

Le site a choisi ta version à ta place. Tu fais quoi ?

Réponse juste · Je retourne sur la version .be : sans mon consentement explicite, on ne me redirige pas, et la version d'origine doit rester accessible.

La redirection muette est interdite, et l'original doit rester à portée Le texte vise exactement cette manœuvre : rediriger un client vers une autre version du site pour des motifs liés à sa nationalité ou à son lieu de résidence exige son consentement exprès. Et même redirigé avec ton accord, tu dois continuer à pouvoir accéder facilement à la version que tu voulais. Le saut de page automatique cumule les deux manquements.

« 2. Un professionnel ne redirige pas, pour des motifs liés à la nationalité, au lieu de résidence ou au lieu d'établissement d'un client, ce client vers une version de l'interface en ligne du professionnel qui est différente de l'interface en ligne à laquelle le client a initialement voulu accéder […] sauf si le client a expressément donné son consentement à cet effet. Lorsqu'un client est ainsi redirigé avec son consentement exprès, il continue de pouvoir accéder facilement à la version de l'interface en ligne du professionnel à laquelle il a initialement voulu accéder. »

Traduit en clair : te renvoyer « chez toi » sans ton accord exprès est interdit, et la version que tu avais choisie doit te rester facilement accessible, accord ou pas.

Article 3, paragraphe 2 · Règlement (UE) 2018/302, article 3 (Accès aux interfaces en ligne), paragraphe 2 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · Un site organise ses vitrines par pays : me montrer la mienne, c'est son droit le plus normal.

Le mythe : « la redirection automatique, c'est le fonctionnement normal du web » La page officielle de l'Union décrit ta situation mot pour mot, exemple à l'appui : plusieurs versions d'un site peuvent exister, mais on ne peut pas t'y rediriger automatiquement sans ton accord. Le site peut te SUGGÉRER sa version locale ; tant que tu n'acceptes pas explicitement, tu dois pouvoir accéder à celle que tu avais choisie.

« Lorsqu'il existe plusieurs versions du site web d'un commerçant, vous ne pouvez pas être automatiquement redirigé(e) vers une autre version du site, sauf si vous avez marqué votre accord. Par exemple, si vous résidez en France et que vous choisissez d'aller directement sur un site web .be (Belgique), l'opérateur peut vous suggérer de consulter la version .fr de son site. Toutefois, si vous n'acceptez pas explicitement d'être redirigé(e) vers la version .fr, vous devez pouvoir accéder au site .be que vous avez initialement sélectionné. »

Traduit en clair : suggérer oui, imposer non. L'exemple officiel est littéralement le tien : un résident français qui choisit un site en .be.

Rubrique « Redirection automatique sur un site web » · Prix et paiements : la redirection automatique sur un site web · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/shopping/pricing-payments/index_fr.htm

Sans effet · Je m'abonne à un VPN pour faire croire que j'habite en Belgique.

Tu paies pour maquiller une adresse que personne n'a le droit de bloquer Le premier paragraphe de l'article 3 rend le déguisement inutile : un professionnel ne peut ni bloquer ni limiter ton accès à son interface en ligne pour des motifs liés à ta nationalité ou à ton lieu de résidence. L'accès à la version .be est ton droit à visage découvert. Garde ton argent pour le casque.

« 1. Un professionnel ne bloque ni ne limite, par l'utilisation de mesures technologiques ou autres, l'accès d'un client à l'interface en ligne du professionnel pour des motifs liés à la nationalité, au lieu de résidence ou au lieu d'établissement du client. »

Traduit en clair : l'accès au site d'un autre pays de l'Union ne se mérite pas, ne se paie pas et ne se camoufle pas : il est interdit de te le bloquer.

Article 3, paragraphe 1 · Règlement (UE) 2018/302, article 3 (Accès aux interfaces en ligne), paragraphe 1 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Pièce n° 2 · « Offre réservée à nos clients belges »

Version .be, casque à 154 €, panier rempli. À l'étape de la livraison, le formulaire se braque : ton adresse française fait apparaître un bandeau rouge.

Étape 2 · livraisonPanier : un casque, 154 €
Adresse de livraison saisie
ton adresse, en France
Réponse du site
Cette offre est réservée aux clients résidant en Belgique.
Zone de livraison de la boutique
Belgique uniquement, points de retrait compris
Point de retrait le plus proche
Liège, où tu passes samedi

La boutique ne livre qu'en Belgique, et tu n'y habites pas. Le règlement te donne quoi, exactement ?

Réponse juste · Je choisis le retrait à Liège : dans les cas prévus, mes conditions doivent être celles d'un client local, résidence ou pas.

Dans la zone qu'ils desservent, ta résidence n'est plus un critère Le règlement énumère les cas où les conditions d'accès ne peuvent pas différer selon ta nationalité ou ta résidence, et le premier est le tien : acheter un bien livré dans un État membre où la livraison est proposée, ou retiré en un lieu convenu que le professionnel propose. En choisissant le retrait dans leur zone, tu entres dans le cas écrit, au prix écrit.

« 1. Un professionnel n'applique pas des conditions générales d'accès aux biens ou services qui diffèrent en fonction de la nationalité, du lieu de résidence ou du lieu d'établissement du client, dans les cas où le client cherche à: a) acheter des biens auprès d'un professionnel et que soit ces biens sont livrés en un lieu situé dans un État membre vers lequel la livraison est proposée dans les conditions générales d'accès du professionnel, soit ces biens sont retirés en un lieu défini d'un commun accord entre le professionnel et le client dans un État membre pour lequel le professionnel propose une telle option dans les conditions générales d'accès; »

Traduit en clair : fais-toi livrer dans leur zone ou retire sur place, et ils doivent te vendre aux mêmes conditions qu'à un local. Ton adresse de résidence sort de l'équation.

Article 4, paragraphe 1, point a) · Règlement (UE) 2018/302, article 4 (Accès aux biens ou aux services), paragraphe 1, point a) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · Le géoblocage est interdit : ils sont donc obligés de me livrer en France, au prix belge.

Le mythe : « interdit de géobloquer, donc obligés de livrer partout » C'est la première limite honnête de ce règlement : il aligne les CONDITIONS, il n'étend pas les zones de livraison. La page officielle de l'Union le formule sans ambiguïté : c'est l'achat SANS livraison transfrontière, retiré chez le commerçant ou livré dans sa zone, qui te donne les mêmes prix et offres que les clients locaux. Exiger la livraison de ton pays, c'est réclamer un droit qui n'est pas écrit.

« si vous achetez des produits en ligne sans livraison transfrontière […] vous devez bénéficier des mêmes prix et offres spéciales que les acheteurs résidant dans ce pays de l'UE. On ne peut pas vous facturer des frais ou vous empêcher d'acheter un article parce que vous vivez dans un autre pays. »

Traduit en clair : le droit joue à l'intérieur de leur zone de livraison, retrait compris. Il ne crée pas de nouvelle zone.

Rubrique « Discrimination par les prix » · Prix et paiements : l'achat sans livraison transfrontière · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/shopping/pricing-payments/index_fr.htm

Mythe · D'ailleurs, 154 € contre 189 €, c'est déjà illégal en soi : le règlement impose le même prix partout dans l'Union.

Le mythe : « un seul marché, donc un seul prix » Seconde limite honnête : le règlement n'harmonise pas les prix. Il autorise expressément des conditions générales, prix compris, qui varient d'un État membre à l'autre, pourvu qu'elles soient proposées de manière non discriminatoire aux clients d'un territoire. Ce qu'il t'ouvre, c'est l'ACCÈS à ces conditions locales quand tu entres dans un des cas écrits, pas leur uniformisation.

« 2. L'interdiction énoncée au paragraphe 1 n'empêche pas les professionnels de proposer des conditions générales d'accès, notamment des prix de vente nets, qui varient d'un État membre à l'autre ou au sein d'un État membre et qui sont proposées, de manière non discriminatoire, à des clients situés sur un territoire spécifique ou à certains groupes de clients. »

Traduit en clair : deux prix sur deux versions d'un site, c'est permis. Te refuser le prix belge quand tu acceptes leurs conditions belges, ça ne l'est pas.

Article 4, paragraphe 2 · Règlement (UE) 2018/302, article 4 (Accès aux biens ou aux services), paragraphe 2 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Pièce n° 3 · La carte au mauvais passeport

Retrait à Liège validé, récapitulatif affiché, carte sortie. Le paiement, lui, a une opinion sur ta géographie.

Étape 3 · paiementMontant : 154 €
Moyens acceptés par la boutique
cartes de la marque que tu possèdes, virement, prélèvement
Ta carte
même marque, même catégorie, émise en France
Réponse du site
Paiement refusé : carte émise à l'étranger.
Alternative exigée
un compte bancaire belge pour le prélèvement

Même marque de carte, même catégorie, mais « émise à l'étranger ». Ils peuvent ?

Réponse juste · Non : parmi les moyens qu'ils acceptent, le pays d'émission de ma carte ou la localisation de mon compte ne peuvent pas fonder un traitement différent.

Le lieu d'émission de ta carte n'est pas un critère de tri Le règlement ferme cette porte avec une précision remarquable : parmi les moyens de paiement qu'il accepte, un professionnel ne peut pas appliquer des conditions différentes pour des motifs liés à ta nationalité, ta résidence, la localisation de ton compte, le lieu d'établissement de ton prestataire de paiement ou le lieu d'émission de ta carte dans l'Union. Trois conditions techniques, et elles sont toutes remplies ici.

« 1. Un professionnel n'applique pas, parmi les différents moyens de paiement acceptés par le professionnel, des conditions différentes pour les opérations de paiement pour des motifs liés à la nationalité, au lieu de résidence ou au lieu d'établissement d'un client, à la localisation du compte de paiement, au lieu d'établissement du prestataire de services de paiement ou au lieu d'émission de l'instrument de paiement dans l'Union, lorsque: a) l'opération de paiement est effectuée moyennant une opération électronique, par virement, prélèvement ou utilisation d'un instrument de paiement lié à une carte au sein de la même marque et catégorie de paiement; b) les exigences en matière d'authentification sont remplies, conformément à la directive (UE) 2015/2366; et c) les opérations de paiement sont effectuées dans une devise que le professionnel accepte. »

Traduit en clair : s'ils acceptent ta marque de carte pour les Belges, ils l'acceptent pour toi. Le pays d'émission ne peut pas servir de filtre.

Article 5, paragraphe 1 · Règlement (UE) 2018/302, article 5 (Non-discrimination pour des motifs liés au paiement), paragraphe 1 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · Une carte étrangère, c'est un risque de fraude : le refus est prudent, donc justifié.

Le mythe : « étrangère, donc suspecte » Le texte a déjà réglé la question du risque : le refus fondé sur la géographie de la carte est interdit quand l'opération est électronique, que l'authentification exigée par la directive sur les services de paiement est remplie et que la devise est acceptée. La prudence a son outil ailleurs : retenir la LIVRAISON jusqu'à confirmation que le paiement est bien engagé, ce que le règlement permet pour des raisons objectives. Refuser ta carte pour son pays n'en fait pas partie.

« 1. Un professionnel n'applique pas, parmi les différents moyens de paiement acceptés par le professionnel, des conditions différentes pour les opérations de paiement pour des motifs liés à la nationalité, au lieu de résidence ou au lieu d'établissement d'un client, à la localisation du compte de paiement, au lieu d'établissement du prestataire de services de paiement ou au lieu d'émission de l'instrument de paiement dans l'Union, lorsque: […] b) les exigences en matière d'authentification sont remplies, conformément à la directive (UE) 2015/2366; et c) les opérations de paiement sont effectuées dans une devise que le professionnel accepte. »

Traduit en clair : la sécurité est déjà dans les conditions écrites, l'authentification forte en tête. Une fois remplies, la « prudence » géographique n'a plus de base.

Article 5, paragraphe 1 · Règlement (UE) 2018/302, article 5 (Non-discrimination pour des motifs liés au paiement), paragraphe 1 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · S'ils exigent un compte bancaire belge pour le prélèvement, il ne me reste qu'à en ouvrir un.

Le mythe : « leur pays, leur compte bancaire » La localisation du compte de paiement figure mot pour mot dans la liste des motifs interdits : parmi les moyens qu'il accepte, le professionnel ne peut pas te traiter différemment parce que ton compte est ailleurs dans l'Union. Exiger un compte national pour un prélèvement, c'est précisément appliquer une condition différente fondée sur cette localisation.

« Un professionnel n'applique pas, parmi les différents moyens de paiement acceptés par le professionnel, des conditions différentes pour les opérations de paiement pour des motifs liés à la nationalité, au lieu de résidence ou au lieu d'établissement d'un client, à la localisation du compte de paiement, au lieu d'établissement du prestataire de services de paiement ou au lieu d'émission de l'instrument de paiement dans l'Union »

Traduit en clair : ton compte a le droit d'être français chez un marchand belge. La liste des motifs interdits nomme la localisation du compte en toutes lettres.

Article 5, paragraphe 1 · Règlement (UE) 2018/302, article 5 (Non-discrimination pour des motifs liés au paiement), paragraphe 1 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Pièce n° 4 · Le soir même, l'autre boutique

Le casque est réglé. Dans la foulée, tu tentes ta chance ailleurs : la version belge d'une plateforme de films propose un abonnement moins cher et un catalogue différent. Cette fois, l'écran ne saute pas : il dit non.

Plateforme de films · version .bePage d'abonnement
Abonnement affiché
moins cher que sur la version française
Réponse à l'inscription
Ce service n'est pas disponible dans votre pays de résidence.
Type de service
films en ligne, œuvres protégées par le droit d'auteur
Ton hébergeur de site web, lui
t'a accepté au tarif belge sans une question

Le casque est passé, le catalogue de films non. Deux poids, deux mesures ?

Réponse juste · Je note la limite : pour les contenus sous droit d'auteur, ce règlement ne me donne pas le catalogue d'un autre pays.

L'exception du droit d'auteur est écrite dans l'article lui-même Le cas des services électroniques couvre l'hébergement, le nuage et leurs semblables, mais il exclut expressément les services dont la caractéristique principale est de donner accès à des œuvres protégées ou de permettre leur utilisation, vente immatérielle comprise. Films, musique, livres numériques : hors du champ de cet article. Connaître cette limite t'évite de réclamer l'impossible ici, et t'indique où ton vrai droit t'attend : la portabilité de TES abonnements en voyage.

« b) obtenir des services fournis par un professionnel par voie électronique, autres que des services dont la principale caractéristique est de fournir un accès à des œuvres protégées par le droit d'auteur ou d'autres objets protégés ou de permettre leur utilisation, y compris la vente sous une forme immatérielle des œuvres protégées par le droit d'auteur ou des objets protégés; »

Traduit en clair : le règlement du géoblocage s'arrête aux portes des catalogues sous droit d'auteur. Ce qui voyage avec toi, c'est ton abonnement déjà payé, et c'est un autre texte qui le garantit.

Article 4, paragraphe 1, point b) · Règlement (UE) 2018/302, article 4, paragraphe 1, point b) : les services électroniques, et l'exception des œuvres protégées · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · Le géoblocage est interdit : tous les catalogues de streaming d'Europe doivent m'être ouverts au prix local.

Le mythe : « le géoblocage est mort, vive les 27 catalogues » La page officielle de l'Union pose l'avertissement en toutes lettres : les médias protégés par des droits d'auteur sont souvent couverts par des accords de licence différents d'un pays à l'autre, et le même accès aux mêmes produits au même prix n'est pas garanti partout. Le règlement du géoblocage exclut ces services de son article sur l'accès. Ton levier n'est pas là.

« Les médias protégés par des droits d'auteur (films, musique, livres numériques, etc.) sont souvent couverts par des accords de licence différents d'un pays à l'autre. Par conséquent, il est possible que vous ne bénéficiez pas toujours du même accès aux mêmes produits et au même prix dans tous les pays de l'UE. »

Traduit en clair : pour les films, la musique et les livres numériques, l'avertissement officiel est explicite : l'accès identique partout n'est pas promis.

Rubrique « Discrimination par les prix », avertissement · Prix et paiements : l'avertissement sur les médias protégés par le droit d'auteur · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/shopping/pricing-payments/index_fr.htm

Mythe · Alors tout ce qui est en ligne est exclu : nuage, hébergement, billets de concert, même combat que le streaming.

Le mythe : « en ligne, donc exclu » L'exclusion vise les catalogues d'œuvres protégées, pas l'économie numérique entière. La page officielle de l'Union cite ses propres exemples : les services fournis par voie électronique comme le nuage ou l'hébergement de sites web, et les services fournis dans l'établissement du commerçant, parc d'attractions, hôtel, location de voiture. Pour tout cela, mêmes prix que les acheteurs locaux.

« Les mêmes règles s'appliquent lorsque vous achetez des services fournis dans l'établissement d'un commerçant, par exemple des billets d'entrée pour un parc d'attractions, une réservation d'hôtel ou la location d'une voiture, ou des services fournis par voie électronique (par exemple, les services en nuage ou l'hébergement de sites web). Vous devez dans ce cas bénéficier des mêmes prix que les acheteurs locaux. »

Traduit en clair : nuage, hébergement, billets, hôtels, voitures : mêmes prix que les locaux. La seule enclave, ce sont les catalogues sous droit d'auteur.

Rubrique « Discrimination par les prix » · Prix et paiements : services sur place et services électroniques · https://europa.eu/youreurope/citizens/consumers/shopping/pricing-payments/index_fr.htm

Pièce n° 5 · La boutique qui persiste

Épilogue chez le marchand du casque : malgré le paiement passé, le service client t'écrit que « la politique commerciale réserve les offres promotionnelles aux résidents » et que la prochaine fois, la commande sera annulée.

Message du service clientCommande B-6604

Notre politique commerciale réserve nos offres promotionnelles aux clients résidant dans le pays de chaque version du site.

Votre commande a été honorée à titre exceptionnel. Toute commande future dans ces conditions pourra être annulée.

Nous vous remercions de votre compréhension.

« À titre exceptionnel », disent-ils, pour un droit écrit. Qui le leur rappelle ?

Réponse juste · Je saisis l'organisme d'assistance aux consommateurs, et je signale la pratique à l'organisme national chargé du règlement.

Ce règlement a des gardiens ET des guichets d'aide, pays par pays Deux articles, deux réseaux : chaque État membre désigne un ou plusieurs organismes chargés du contrôle adéquat et effectif de l'application du règlement, et chaque État membre désigne aussi un ou plusieurs organismes chargés d'apporter aux consommateurs une assistance PRATIQUE en cas de litige avec un professionnel. Tu n'es pas seul face à une politique commerciale : le texte a prévu qui appeler.

« Chaque État membre désigne un ou plusieurs organismes chargés d'apporter aux consommateurs une assistance pratique en cas de litige avec un professionnel découlant de l'application du présent règlement. »

Traduit en clair : un organisme de ton pays existe précisément pour t'aider dans ce litige-là. Son adresse est publique, et la Commission tient la liste.

Article 8 · Règlement (UE) 2018/302, article 8 (Assistance aux consommateurs) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · Une boutique établie dans un autre pays est hors de portée : depuis chez moi, personne ne peut rien.

Le mythe : « vendeur étranger, litige perdu » Le transfrontière est le cœur même de ce règlement, pas son angle mort. L'assistance pratique aux consommateurs est prévue par l'article 8 dans chaque État membre, et le contrôle par l'article 7 : les organismes désignés se coordonnent précisément parce que le professionnel est ailleurs. C'est le litige national qui est l'exception ici, pas le tien.

« 1. Chaque État membre désigne un ou plusieurs organismes chargés du contrôle adéquat et effectif de l'application du présent règlement. »

Traduit en clair : vingt-sept pays, des organismes de contrôle partout, et un réseau d'assistance pour les litiges transfrontières. La distance n'immunise personne.

Article 7, paragraphes 1 et 2 · Règlement (UE) 2018/302, article 7 (Contrôle de l'application), paragraphes 1 et 2 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Mythe · Pour 35 € d'écart, aucun organisme ne lèvera le petit doigt : je passe à autre chose.

Le mythe : « trop petit pour être signalé » Les États membres doivent prévoir des mesures applicables aux violations, et le texte leur impose trois adjectifs : effectives, proportionnées et dissuasives. La dissuasion se nourrit des signalements, pas des montants : ton dossier de 35 € documente une pratique appliquée à tous les clients d'un pays. C'est exactement la matière dont les organismes de contrôle ont besoin.

« 2. Les États membres déterminent les règles établissant les mesures applicables aux violations des dispositions du présent règlement et en assurent la mise en œuvre. Les mesures prévues sont effectives, proportionnées et dissuasives. »

Traduit en clair : la violation se mesure à la pratique, pas à ton ticket de caisse. Signaler, c'est déclencher des mesures pensées pour dissuader.

Article 7, paragraphes 1 et 2 · Règlement (UE) 2018/302, article 7 (Contrôle de l'application), paragraphes 1 et 2 · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:32018R0302

Verdict · Ce que valait un saut de page

Une redirection muette, une offre « réservée aux résidents », une carte au mauvais passeport, une limite connue au lieu d'une illusion, et six droits qui tenaient dans un règlement de dix articles.