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De plein droitLes droits européens, en situation
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Le déroulé écrit

L'ordonnance dans un autre pays : le déroulé écrit

Ton traitement s'arrête au milieu du séjour, et la boîte de secours est restée sur la table de la cuisine. Bonne nouvelle : une ordonnance délivrée dans un pays de l'Union est valable dans les autres. Encore faut-il savoir ce qu'elle doit porter, et ce que le pharmacien du pays garde le droit de faire.

État du droit vérifié le29 juillet 2026

Ce déroulé contient les réponses. Il est là pour lire la situation sans la jouer, pour l'imprimer, et pour que le contenu reste entier sans JavaScript.

Pièce n° 1 · Six comprimés d'avance

Trois semaines chez ta sœur, installée près de Lisbonne. Au moment de boucler le sac, le compte est vite fait : la boîte de ton traitement de fond, celui de la tension, ne couvre que la première semaine, plus 6 comprimés d'avance.

Le départ est dans quatre jours. Ton médecin peut te recevoir jeudi.

Note de préparationQuatre jours avant le départ
Traitement
un comprimé par jour, sans interruption
Stock
première semaine, plus 6 comprimés
Séjour
trois semaines dans un autre pays de l'Union
Rendez-vous possible
jeudi, chez ton médecin

Il manquera deux semaines de traitement. Tu prépares quoi ?

Réponse juste · Je vais chez mon médecin et je lui demande une ordonnance faite pour servir dans un autre pays de l'Union.

L'ordonnance qui voyage se demande au médecin, avant de partir La page officielle de l'Union donne la marche exacte : tu peux demander à ton médecin une ordonnance valable dans un autre pays de l'Union, dite « prescription transfrontière ». Pas de formulaire magique : ce qui la rend utilisable ailleurs, c'est l'information qu'elle porte, à commencer par le nom commun du médicament plutôt que sa marque.

« Vous pouvez demander à votre médecin de vous donner une ordonnance valable dans un autre pays de l'UE (une «prescription transfrontière»). »

Traduit en clair : la bonne ordonnance de voyage se prépare au cabinet, en une phrase à ton médecin. C'est la pièce maîtresse du dossier.

Rubrique « Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE » · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : la prescription transfrontière · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Mythe · Inutile : une ordonnance ne vaut que dans le pays qui l'a signée, il faudra consulter sur place.

Le mythe : « une ordonnance s'arrête à la frontière » C'est la première phrase de la page officielle, et elle dit l'inverse : une ordonnance délivrée par un médecin établi dans un pays de l'Union est valable dans tous les autres pays de l'UE. La consultation sur place reste une solution de secours ; elle n'est pas un préalable obligatoire.

« Une ordonnance délivrée par un médecin établi dans un pays de l'Union européenne est valable dans tous les autres pays de l'UE. »

Traduit en clair : ton ordonnance a le droit de voyager avec toi. Le refus de principe « papier étranger » n'existe pas dans le texte.

Rubrique « Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE » · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : la validité · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Mythe · J'emporte juste la boîte vide : le pharmacien lira la marque, c'est la même partout en Europe.

Le mythe : « même marque partout, la boîte suffit » La page officielle prévient dès sa deuxième phrase : un médicament prescrit dans un pays peut ne pas être disponible dans un autre, ou l'être sous un autre nom. C'est exactement pour cela que la prescription transfrontalière porte le nom commun du médicament plutôt que le nom de la marque. La boîte vide raconte ta marque ; l'ordonnance, elle, nomme la molécule.

« Il se peut toutefois qu'un médicament prescrit dans un pays ne soit pas disponible dans un autre ou qu'il le soit sous un autre nom. »

Traduit en clair : les marques changent d'un pays à l'autre. Ce qui voyage bien, c'est le nom commun du médicament, écrit sur une vraie ordonnance.

Rubrique « Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE » · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : la validité · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Pièce n° 2 · Jeudi, au cabinet

Ton médecin t'écoute, approuve, et ouvre son logiciel : « Je vous fais ça en ordonnance électronique, tout est dématérialisé maintenant. »

Logiciel du cabinet médicalNouvelle prescription
Format proposé
prescription électronique
Envoi
vers la pharmacie et l'application santé nationale
Utilisation prévue
dans un autre pays de l'Union
Version papier
sur demande

Ordonnance électronique, et toi tu pars à l'étranger. Tu demandes quoi ?

Réponse juste · La même chose en version papier, en plus : l'électronique risque de ne pas être lisible là-bas.

L'e-ordonnance voyage encore mal : la page officielle conseille le papier C'est écrit tel quel : si ton médecin te donne une prescription électronique, tu devras généralement demander aussi une version papier pour l'utiliser dans un autre pays de l'Union, parce que la prescription électronique peut ne pas être disponible en dehors de ton pays. Quelques pays ont bien des systèmes interopérables entre eux, mais tant que le tien et celui du séjour n'en font pas partie, le papier reste la clé qui ouvre tous les comptoirs.

« Si votre médecin vous donne une prescription électronique, vous devrez généralement demander également une version papier si vous avez l'intention de l'utiliser dans un autre pays de l'UE. Il se peut en effet que la prescription électronique ne soit pas disponible en dehors de votre pays. »

Traduit en clair : l'e-ordonnance reste souvent enfermée dans le système de ton pays. La feuille imprimée et signée, elle, se lit partout.

Rubrique « Prescriptions électroniques » · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : les prescriptions électroniques · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Mythe · Rien : l'e-ordonnance est dans le nuage européen, toutes les pharmacies de l'Union y accèdent.

Le mythe : « le nuage santé européen existe déjà pour tout le monde » La page officielle est plus prudente que le mythe : la prescription électronique peut ne pas être disponible en dehors de ton pays, et c'est précisément pourquoi elle conseille de demander une version papier. Des systèmes interopérables existent entre certains pays, pas entre tous. Le jour où ton ordonnance électronique se lira partout, la page officielle le dira ; en attendant, elle dit d'imprimer.

« Il se peut en effet que la prescription électronique ne soit pas disponible en dehors de votre pays. »

Traduit en clair : l'interopérabilité progresse pays par pays, elle n'est pas générale. Le papier ne tombe jamais en panne de compatibilité.

Rubrique « Prescriptions électroniques » · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : les prescriptions électroniques · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Sans effet · Qu'il l'écrive en latin : c'est la langue universelle des pharmaciens.

Ce n'est pas la langue qui rend l'ordonnance universelle Ce qui fait voyager une ordonnance, ce n'est ni le latin ni un formulaire spécial : la page officielle dit qu'il n'existe pas de format à respecter, et donne à la place la liste des informations qu'elle doit porter, du nom en toutes lettres du patient au nom commun du médicament. Une ordonnance complète se comprend dans toutes les langues de l'Union.

« Il n'existe pas de formulaire ou de format spécifique à respecter pour qu'une prescription soit valable dans un autre pays de l'UE. »

Traduit en clair : aucun document rituel, aucune langue morte. Ce qui compte est la liste des mentions, et ton médecin la connaît.

Rubrique « Informations à mentionner sur la prescription » · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : les informations à mentionner · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Pièce n° 3 · Le comptoir de Lisbonne

Deuxième semaine, 9 h, une pharmacie de quartier. Tu tends l'ordonnance papier. Le pharmacien la lit lentement, la retourne, fronce les sourcils sur le cachet étranger, puis te regarde.

Comptoir de la pharmacieOrdonnance présentée
Document
ordonnance d'un autre pays de l'Union, version papier
Mentions
patient, date, médecin, nom commun, dosage, posologie
Réaction
examen attentif, questions posées
Décision
en attente

Le pharmacien hésite devant le cachet étranger. Il a le droit de faire quoi ?

Réponse juste · L'examiner, poser ses questions, puis la délivrer : les restrictions de principe sont interdites.

La reconnaissance est la règle, et ses exceptions sont écrites La directive pose l'obligation : si le médicament est autorisé sur leur territoire, les États membres veillent à ce que les prescriptions établies dans un autre État membre pour un patient nommément désigné puissent être délivrées, et toute restriction à la reconnaissance est interdite, sauf deux familles d'exceptions écrites : ce qui est nécessaire et proportionné pour protéger la santé humaine, sans discrimination, et les doutes légitimes et justifiés sur l'authenticité, le contenu ou l'intelligibilité de l'ordonnance. Ses questions font partie du travail ; un refus de principe n'en fait pas partie.

« les États membres veillent à ce que les prescriptions établies pour ce médicament dans un autre État membre pour un patient nommément désigné puissent être délivrées sur leur territoire conformément à leur législation nationale en vigueur, et à ce que toute restriction à la reconnaissance d'une prescription donnée soit interdite sauf si la restriction: a) se limite à ce qui est nécessaire et proportionné pour protéger la santé humaine et est non discriminatoire; ou b) repose sur des doutes légitimes et justifiés quant à l'authenticité, au contenu ou à l'intelligibilité d'une prescription donnée. »

Traduit en clair : reconnaître ton ordonnance est la règle. Le pharmacien peut vérifier et questionner, mais « c'est un papier étranger » n'est pas un motif admis.

Article 11, paragraphe 1, premier alinéa · Directive 2011/24/UE (soins de santé transfrontaliers), article 11 (Reconnaissance des prescriptions établies dans un autre État membre), paragraphe 1, premier alinéa · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Mythe · Rien vérifier du tout : le droit européen l'oblige à délivrer immédiatement, sans une question.

Le mythe : « reconnaissance = délivrance aveugle » La directive elle-même réserve le cas des doutes légitimes et justifiés quant à l'authenticité, au contenu ou à l'intelligibilité d'une prescription. Vérifier qu'une ordonnance étrangère est authentique et compréhensible n'est pas une discrimination : c'est une exception écrite dans le texte qui fonde ton droit. Ce que le texte interdit, c'est le refus de principe, pas la vigilance.

« b) repose sur des doutes légitimes et justifiés quant à l'authenticité, au contenu ou à l'intelligibilité d'une prescription donnée. »

Traduit en clair : le pharmacien a le droit de s'assurer que l'ordonnance est vraie et lisible. Réponds à ses questions : elles servent ta délivrance.

Article 11, paragraphe 1, premier alinéa · Directive 2011/24/UE (soins de santé transfrontaliers), article 11 (Reconnaissance des prescriptions établies dans un autre État membre), paragraphe 1, premier alinéa · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Mythe · Me donner exactement ma marque : une ordonnance étrangère interdit la substitution par un générique.

Le mythe : « ordonnance étrangère = marque figée » La directive dit le contraire : la reconnaissance n'affecte pas les règles nationales concernant la prescription et la délivrance, y compris la substitution par des génériques. Le pharmacien applique les règles de son pays, comme pour n'importe quelle ordonnance locale. C'est d'ailleurs pour cela que la prescription transfrontalière porte le nom commun : la molécule voyage, la marque non.

« La reconnaissance de ces prescriptions n'affecte pas les dispositions nationales concernant la prescription et la délivrance, si lesdites dispositions sont compatibles avec le droit de l'Union, y compris la substitution par des génériques ou autre. »

Traduit en clair : au comptoir, les règles de délivrance du pays s'appliquent, génériques compris. Ton ordonnance est reconnue, elle n'importe pas les règles de chez toi.

Article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa · Directive 2011/24/UE, article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa (délivrance, substitution, remboursement) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Pièce n° 4 · Le prix, plein tarif

La boîte est sur le comptoir. Le pharmacien annonce le prix : plein tarif. Chez toi, ce médicament est largement pris en charge, et tu t'attendais au même chiffre.

Caisse de la pharmaciePaiement
Médicament
délivré, version locale du nom commun
Prix demandé
plein tarif du pays
Prise en charge chez toi
élevée, habituellement
Reçu
proposé

Plein tarif, alors que chez toi c'est pris en charge. C'est régulier ?

Réponse juste · Oui : la reconnaissance de l'ordonnance ne règle pas le remboursement. Je paie, je garde tout, je verrai le remboursement selon les règles applicables.

Être délivré est une chose, être remboursé en est une autre La directive sépare noir sur blanc les deux sujets : la reconnaissance des prescriptions n'affecte pas les dispositions concernant le remboursement des médicaments. Ton ordonnance ouvre le comptoir, pas le tarif de chez toi. Le remboursement suit ses propres règles, et la seule pièce qui compte pour la suite est celle que tu viens de ranger : le reçu.

« La reconnaissance des prescriptions n'affecte pas les dispositions concernant le remboursement des médicaments. »

Traduit en clair : l'ordonnance reconnue te donne accès au médicament, pas au tarif remboursé de ton pays. Paie, garde le reçu, et traite le remboursement comme un dossier à part.

Article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa · Directive 2011/24/UE, article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa (délivrance, substitution, remboursement) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Mythe · Non : ordonnance reconnue, donc prise en charge identique à chez moi, directement en caisse.

Le mythe : « reconnue = remboursée pareil, tout de suite » Le texte qui fonde la reconnaissance est précisément celui qui la borne : la reconnaissance des prescriptions n'affecte pas les dispositions concernant le remboursement des médicaments. Le comptoir du pays applique ses prix ; ta prise en charge, elle, se discute avec ton organisme, pas avec le pharmacien. Confondre les deux fait perdre la seule bataille du jour qui était déjà gagnée : obtenir le médicament.

« La reconnaissance des prescriptions n'affecte pas les dispositions concernant le remboursement des médicaments. Le remboursement des coûts des médicaments est couvert par le chapitre III de la présente directive. »

Traduit en clair : le droit d'obtenir le médicament et le droit d'être remboursé vivent dans des chapitres différents. Au comptoir, on paie le prix du pays.

Article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa · Directive 2011/24/UE, article 11, paragraphe 1, deuxième alinéa (délivrance, substitution, remboursement) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Mythe · Il doit au moins appliquer la validité de chez moi : mon ordonnance vaut un an, point.

Le mythe : « ma validité nationale voyage avec l'ordonnance » La page officielle dit exactement l'inverse : la délivrance respecte les règles du pays dans lequel l'ordonnance est utilisée, et le pharmacien applique les règles nationales, par exemple des limites de dosage ou des limites concernant la période de validité de la prescription. Ton ordonnance est reconnue ; les règles du comptoir, elles, restent celles du pays du comptoir.

« La délivrance de prescriptions doit respecter les règles du pays dans lequel elles sont utilisées. Le pharmacien appliquera donc les règles nationales lorsqu'il délivrera votre médicament, par exemple des limites de dosage ou des limites concernant la période de validité de la prescription. »

Traduit en clair : la validité et les limites de délivrance sont celles du pays où tu présentes l'ordonnance. N'attends pas d'un comptoir étranger les règles du tien.

Rubrique « Informations à mentionner sur la prescription », avertissement · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : les règles du pays de délivrance · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Pièce n° 5 · La molécule introuvable

Dernière semaine. Ta sœur, elle, tend au même comptoir l'ordonnance de son ancien traitement, prescrit dans son pays d'origine. Le pharmacien secoue la tête : ce médicament-là n'est pas commercialisé ici.

Elle se tourne vers toi, sourcils levés : « Ils ont le droit ? »

Registre de la pharmacieRecherche du médicament
Nom commun recherché
celui de l'ordonnance de ta sœur
Résultat
non commercialisé dans ce pays
Équivalents proposés
à voir avec un prescripteur
Heure
15 h

Médicament introuvable, ordonnance pourtant reconnue. Qui a raison ?

Réponse juste · Le pharmacien : le droit reconnaît l'ordonnance, il ne garantit pas que le médicament existe partout.

L'ordonnance est reconnue ; la disponibilité du médicament, elle, n'est pas garantie La page officielle pose l'avertissement sans détour : certains médicaments peuvent ne pas être autorisés à la vente ou ne pas être disponibles dans un autre pays, même à l'intérieur de l'Union. Et la directive elle-même n'oblige que si la mise sur le marché du médicament est autorisée sur le territoire. Connaître cette limite avant de partir, c'est pouvoir la contourner : nom commun sur l'ordonnance, et médecin joignable pour adapter.

« Il se peut que certains médicaments ne soient pas autorisés à la vente ou ne soient pas disponibles dans un autre pays, même à l'intérieur de l'UE. »

Traduit en clair : le droit fait voyager l'ordonnance, pas les stocks ni les autorisations de vente. Quand la molécule manque, la solution passe par un prescripteur, pas par le comptoir.

Rubrique « Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE », avertissement · Présenter une ordonnance dans un autre pays de l'UE : la disponibilité des médicaments · https://europa.eu/youreurope/citizens/health/prescription-medicine-abroad/prescriptions/index_fr.htm

Mythe · Ta sœur : autorisé dans un pays de l'Union, donc autorisé dans tous, il doit le commander.

Le mythe : « une autorisation nationale vaut pour les vingt-sept » La directive commence par la condition que le mythe saute : SI la mise sur le marché du médicament est autorisée sur leur territoire, les États membres veillent à ce que les prescriptions établies ailleurs puissent être délivrées. L'obligation de reconnaissance porte sur l'ordonnance, pas sur le catalogue : un médicament non autorisé dans le pays du comptoir reste hors de portée, ordonnance ou pas.

« Si la mise sur le marché d'un médicament est autorisée sur leur territoire conformément à la directive 2001/83/CE ou au règlement (CE) no 726/2004, les États membres veillent à ce que les prescriptions établies pour ce médicament dans un autre État membre pour un patient nommément désigné puissent être délivrées sur leur territoire conformément à leur législation nationale en vigueur »

Traduit en clair : le « si » d'ouverture fait tout. La reconnaissance joue pour les médicaments autorisés dans le pays où tu te trouves.

Article 11, paragraphe 1, premier alinéa · Directive 2011/24/UE (soins de santé transfrontaliers), article 11 (Reconnaissance des prescriptions établies dans un autre État membre), paragraphe 1, premier alinéa · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Mythe · Personne ne peut jamais refuser : face à une ordonnance étrangère, le pharmacien n'a aucun droit de refus.

Le mythe : « l'ordonnance étrangère est irrésistible » La directive préserve expressément le droit du pharmacien de refuser, pour des raisons d'éthique, de délivrer un médicament prescrit dans un autre État membre, à une condition d'égalité : il faut qu'il aurait eu le même droit de refus si l'ordonnance avait été émise dans le pays d'affiliation. Ce n'est donc pas un droit spécial contre les ordonnances étrangères : c'est le même refus que pour les ordonnances locales, ni plus, ni moins.

« la reconnaissance des prescriptions n'affecte pas le droit du pharmacien, […] de refuser, pour des raisons d'éthique, de délivrer un médicament prescrit dans un autre État membre, lorsque le pharmacien aurait eu le droit de refuser de délivrer la prescription si celle-ci avait été émise dans l'État membre d'affiliation. »

Traduit en clair : le pharmacien garde le droit de refus qu'il aurait eu face à une ordonnance de son propre pays. L'égalité joue dans les deux sens : ni discrimination contre ton ordonnance, ni passe-droit pour elle.

Article 11, paragraphe 1, troisième alinéa · Directive 2011/24/UE, article 11, paragraphe 1, troisième alinéa (droit de refus du pharmacien pour raisons d'éthique) · https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/TXT/?uri=CELEX:02011L0024-20250112

Verdict · Ce que valait une feuille bien remplie

Un traitement poursuivi sans interruption, un comptoir convaincu, un reçu bien rangé, et six droits que la boîte vide ne contenait pas.